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Guillaume
Bigourdan |
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Ismaël Boulliau (Loudun, 28 septembre 1605 - Paris, 25 novembre 1694) paraît avoir été silencieux que Morin fut bruyant. Il a laissé dans l'Astronomie une trace assez brillante, quoique cette science ait été loin d'être son occupation unique. Il cultiva, en effet, la théologie, l'histoire, les mathématiques, la bibliographie, enfin la diplomatie, qui lui fit entreprendre divers voyages: en Hollande où il accompagne comme secrétaire l'ambassadeur de France; à Constantinople et dans le Levant, etc. Comme astronome, Boulliau est surtout connu par ses Ouvrages théoriques; c'est que ses observations, faites généralement avec des instruments insuffisants, sont restées en grande partie manuscrites jusqu'à la publication des Annales célestes (1901), où Pingré en a inséré un assez grand nombre. Elles forment principalement deux Volumes conservés à l'Observatorie de Paris (B, 5, 11, 12); d'autres se trouvent dans sa correspondance, à la Bibliothèque nationale. Au moment où nous nous trouvons, c'est-à-dire au premier quart du xviie siècle, l'immense majorité des astronomes s'applique encore à peu près uniquement à ce qui touche à l'Astrologie, à la mesure du temps et à la détermination des corrdonnées géographiques. De là d'innombrables Tables planétaires, éphémérides astronomiques, traités sur les cadrans solaires, etc. A partir de cette époque on suivit plus attentivement les comètes, si longtemps regardées comme des phénomènes atmosphériques; aussi donnèrent-elles lieu, dès lors, à beaucoup de publications, surtout les plus brillantes. Les lunettes avaient étendu le champ des observations aux surfaces solaire et lunaire, mais elles étaient encore trop imparfaites pour permettre l'examen des surfaces planétaires. Aussi les astronomes qui ne pouvaient, à la suite de Tycho, a'attacher à la dètermination des lieux des planètes et des étoiles, se bornaient presque uniquement aux observations d'éclipses, faites surtout en vue des longitudes. Gassendi est à peu près le seul astronome de ce temps qui fixe les positions des planètes; et nous avons vu qu'il le faisait au moyen du Rayon. Un mérite de Boulliau est d'avoir souvent déterminé de même ces positions, mais au moyen d'estimations faites à la lunette, par rapport à des étoiles voisines. Ainsi, sans exercer un rôle brillant, l'astronomie parisienne de l'époque peut soutenir la comparaison avec ce qui se fait ailleurs, sauf avec l'école d'Aix, dont la durée fut si courte, et avec celle de Dantzig, qui allait débuter avec Hévélius. 1623. La première observation parisienne que nous recontrons est celle de l'occultation de l'Epi de la Vierge par la Lune; elle fut faite le 5 juillet 1623 par Boulliau qui avait momentanément quitté Loudun. 1625. Gassendi, à Digne, ne vit alors qu'une appulse; mais venu ensuite à Paris, en 1625, il y observa une occultation de Vénus le 9 février, ainsi qu'une éclipse de Lune la 23 mars. Cette occultation fut observée à l'œil nu: Gassendi, non prévenu sans doute du phénomène, se promenait, dit-il, sur le Pont-Neuf, et nota l'heure à l'horloge de la Samaritaine; ensuite, par une hauteur de Sirius prise avec un quart de cercle de carton, il s'assura que l'horloge était à peu près bien réglée. Quant à l'éclipse du 23 mars, elle fut observée avec plus de soin. Pour cela Gassendi s'était associé à Mydorge, qui possédait un quart de cercle de fer de I pied seulement du rayon, mais très bien divisé, dit Gassendi, et muni de tous les accessoires nécessaires pour en rendre l'usage très commode. 1628. Gassendi et Boulliau étant retournés chacun dans sa province, Mydorge seul observa l'éclipse de Lune du 20 janvier 1628 à Paris; du moins Gassendi ne cite que lui; mais une lettre de Peiresc (P.- C1, V, 274) dit que Des hayes, le P. Mersenne, Morin et d'autres prirent part à l'observation de Mydorge, faite probablement dans sa propre maison. [...] |
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Guillaume
Bigourdan
Histoire de l'Astronomie d'Observation et des Observatoires en France (Paris 1918): 85-89 Boulliau Biography - Historiographic Traditions Dr Robert A. Hatch - University of Florida |
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V. - Sur l'emplacement et les coordonnées des observatoires de Boulliau et de Gassendi. Jusqu'à la fondation de l'Observatoire (1667-72), les astronomes de Paris ne disposèrent d'aucun lieu commode pour leurs observations; aussi les voyons-nous errer en quelque sorte de tous côtés, dans des installations provisoires. Et il en fut particulièrement ainsi de Boulliau et de Gassendi, les principaux observateurs de la période qui commence vers 1630. Quand il s'agit de quelque phénomène accidentel et important, tel qu'une éclipse. ils indiquent généralement l'hôtel, le collège, le couvent où ils s'installent; mais ce renseignement fait défaut pour les autres observations, comme les passages de planètes au voisinage de quelque étoile, et. Il est très probable qu'alors chacun plaçait les instruments dans son propre logis ou dans le jardin voisin, ce qui conduit à chercher les points de Paris que ces astronomes ont habités successivement. Pour Boulliau voici les renseignements que j'ai pu recueillir en parcourant sa volumineuse correspondance. En 1634 il ne paraît pas encore fixé; on lui écrit tantôt au collège de Navarre, tantôt chez le marquis de Sourdis près du Louvre; mais il ne tarda pas à s'établir pour de nombreuses années à l'hôtel de Thou, rue des Poitevins. Le 25 juin 1641 il écrit, en effet, à un de ses correspondants: ...depuis cinq ans j'ay l'honneur de demeurer chez Monsieur de Thou, avec son frère Monsieur l'Abbé de Bonneval, leur faveur et bienveillance m'ayant donné le moyen d'estudier avec grand loisir, et grand repos, et d'apprendre avec facilité, et commodité beaucoup de choses, qui ne fussent jamais venües à ma cognoissance. Une partie de mes estudes s'est employée dans les mathématiques, et j'ay travaillé entre autres dans l'Astronomie, et a la contemplation des mouvemens du ciel et desia j'ay mis au jour quelque ouvrage sur cette science, et j'en ay encores un tout prest a sortir, j'ay faict un recueil le plus grand qu'il m'a esté possible des observations anciennes... Il habita l'hôtel de Thou jusqu'en 1649, sauf dans les années 1645-1647, consacrées à un voyage au Levant. De 1650 à 1656 il fut l'hôte des frères Dupuy, à la bibliothèque royale, alors située rue de la Harpe; puis jusqu'à 1665 il revient chez Jacques-Auguste de Thou, Seigneur de Meslay. Celui-ci, devenu ambassadeur de France en Hollande, l'emmena comme premier secrétaire, et c'est ainsi que Boulliau fit en 1661-1662 un voyage à Dantzig chez Hévélius, à Varsovie chez Desnoyers, etc. Pour les années 1667 à 1670 je n'ai pu fixer son habitation; mais à partir de 1671 il habita le collège de Laon jusqu'en 1689, et c'est là qu'il fit les dernières observations que nous connaissions de lui (1684); du milieu de 1689 à sa mort, 14 septembre 1691, il vécut à Saint-Victor. Les
points où il dut faire la plus grande partie de ses observations
sont donc l'hôtel de Thous, la bibliothèque royale et le
collège de Laon. Hôtel de Thou. - Cet hôtel, situé sur le côté ouest de la partie en retour de la rue des Poitevins, a été récemment échancré par la rue Danton. Les importantes parties qui restent sont enveloppées par la façade de l'Hôtel des Sociétés savantes. D'après un plan qui m'a été communiqué très obligeamment par M. Petit, le principal corps de bâtiment, de forme rectangulaire, avait 19m de long sur 5m de large, et les coordonnées de son centre étaient: 376m E - 1809m N. On a donc pour ce point: [Delta L] = 0' 18", 45 = 0m 1s, 23 E;
Bibliothèque royale. - Cette bibliothèque, ramenée de Fontainebleau à Paris par Henri IV en 1595, fut placée quelque temps au collège de Clermont, puis dans la grande salle du cloître des Cordeliers vers 1604, et enfin installée vers 1620 dans une maison de la rue de la Harpe dépendent de mêmes religieux. Le couvent des Cordeliers était limité vers l'Ouest, le Nord et le Nord-Est par les rues Monsieur-le-Prince, de l'Observance (aujourd'hui Ant. Dubois) et des Cordeliers dont il reste encore une partie sous le nom de rue de l'Ecole-de-Médecine. La rue Racine, qu n'existait pas, a été tracée en partie sur les jardins du couvent. La maison de la bibliothèque, avec pignon sur la rue de la Harpe, est marquée sur les plans de Gomboust (1652) et de Jouvin de Rochefort (1672), mais avec d'assez grandes différences: le dernier la fait beaucoup plus longue et à trois corps successifs, dont le moyen serait adossé au réfectoire des Cordeliers, aujourd'hui musée Dupuytren; tandis que Gomboust indique une maison AB, de 19 toises de long, assez étroiete, allant du point A sur la rue de la Harpe, côté ouest, en un point B touchant le réfectoire à l'Est. Cette maison, située en face du collège de Narbonne, avait au Sud un jardin qui la séparait du collège de Justice et au Nord, à quelques toises, l'église Saint-Côme, sur les rues des Cordeliers et de la Harpe. Au point A les maisons du boulevard Saint-Michel actuel ont leurs façades sur le même emplacement que celles de l'ancienne rue de la Harpe; et ce point A est à 20 toises du point de rencontre des rues de la Harpe et des cordeliers; en reportant ainsi ce point sur les plans de Verniquet et sur l'Atlas de 1880 on a trouvé, pour ses coordonnées, respectivement 220r, 7 = 430m,
2 E - 784r, 0 = 1528m, 1 N Le point B, à l'angel S-E du musée Dupuytren, a, Sur l'atlas de 1880, les coordonnées 382m, 5 E - 1547m, 5 N. Pour le point d'observation de Boulliau nous adopterons le milieu de AB soit 401m E - 1540m N, de sorte que [Delta L] = 0' 19", 67 = 0m
1s, 31 E; En somme cet observatoire se trouvait sur l'emplacement actuel de la rue Racine, dans le prolongement du côté sud du musée Dupuytren. Collège de Laon. -- Ce collège, encore figuré sur le plan de Verniquet sous le nom de Séminaire de Laon, était entre les rues des Carmes et de la Montagne-Sainte-Geneviève, derrière le couvent des Carmes, remplacé à peu près par le marché actuel. Comme les bàtiments étaient assez disperses, nous prendrons le centre approximatif, qui se trouve à 432T E -- 730T N, de sorte que [Delta L] = 0' 41' 31 = 0m
2s, 75 E; Pas plus que Boulliau, Gassendi n'indique non plus les points de Paris où il fait ses observations courantes; mais on sait que dès 1624 il se lia intimement avec François Luillier qui, jusqu'à sa mort (1652), fut son hôte à Paris. C'est même ainsi que Gassendi donna des leçons à Molière, lie avec le jeune Claude Chapelle, fils de F. Luillier; et il est probable que Gassendi a presque toujours observé chez son ami, qui, nous le savons par la correspondance de Peiresc (P.- C1, IV, 287), facilitait ses travaux autant qu'il le pouvait. Luillier, très ami des lettres, possesseur d'une riche bibliothèque, mais faible de complexion, hérita de son père (1633) d'une charge de Maître des Comptes. D'abord il habitait dans la région du Pré aux Clercs, du faubourg Saint-Germain (P.-C2, XVI, 1, 22); puis, dans la première partie de 1634, il vint occuper l'appartement " où estoit le president Reboul contre l'hostel de Clugny du Nonce" (P.-C1, VI, 698), où il se trouvait un peu plus près qu'auparavant des frères Dupuy (P.-C2, XVI, 36), logés à la Bibliothèque royale de la rue de la Harpe. En 1640 Luillier changea encore de logis (P. C2, XVI, 33), mais nous ne savons où il se transporta. Après la mort de Luillier (1652) Gassendi fut l'hôte de H. L. Habert de Montmor, dont l'hôtel se trouvait rue du Temple, en face la rue de Braque. Ce dernier point et celui de l'hôtel de Cluny sont faciles à identifier. Quant au logis de Luillier avant 1634, nous sommes amené par ce qui prècède à le placer vers le carrefour de Buci, dont les coordonnées sont 135m E -- 1925m N, d'où il résulte: [Delta L] = 0' 6", 62 = 0m
0s 44E; Pour la période 1634-1640 nous adopterons les coordonnées mêmes de l'Observatoire fondé plus tard a l'hôtel de Cluny, et qui d'apres la liste T2, no. 58, sont 286 [gamma], 9E - 803 [gamma], o N, d'où il résulte: [Delta L] = 0' 27", 43 = 0m
1s, 83E; Hôtel Montmor. - Cet hôtel abrita quelque temps l'Académie française (1635), puis les célèbres réunions qui furent le berceau immédiat de l'Acadénue des Sciences; son entrée, qui existe encore, était alors comme aujourd'hui rue du Temple, en face la rue de Braque. Il est figuré sur divers plans et en particulier sur le plan contemporain de J. Gomboust (1652), qui indique un assez grand jardin en arrière, c'est-à-dire vers l'Ouest. Le milieu du corps de bâtiment situé sur le jardin se trouve à 17 toises de la rue du Temple; en portant cette donnée dans l'axe de rue de la Braque, sur l'Atlas de 1880, on obtient, pour le point correspondant, 1405mE -- 2795mN, d'où il résulte: [Delta L] = 1' 8", 93 = 0m 4s60E; §§§§§§§§§§ |
rah.august.2000
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